DES ECOLES AU BOUT DU MONDE

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mercredi, décembre 19 2007

¡ Feliz Navidad chicos !

J+80, km 19 262

L'Argentine se prepare a feter Noel sous le soleil. C'est l'ete, les grandes vacances, et la liberte pour tous les eleves des ecoles du pays jusqu'a mars de l'annee prochaine. Du coup, nous aussi, on en a profite pour prendre un peu de temps pour visiter : on a fait un grand saut de Patagonie a Buenos Aires, puis un autre jusqu'a Salta au Nord Ouest du pays, et enfin Iguazu et la region des Missiones au Nord Est, avant de revenir a Buenos Aires ou nous prendrons notre vol pour repartir vers la France, dans quelques jours. Quelques cliches de ces belles regions...



coucher soleil

Salta d'abord. La region nous a ramene quelques semaines en arriere avec son petit air de Bolivie, ses montagnes rouges et ses villages d'altitude - le vin en plus : en Argentine, il est aussi fameux !

Salta 1

Salta 2

Salta 3

salta 4

Iguazu ensuite, a la frontiere du Bresil et du Paraguay... Des chutes d'eau extraordinaires, parmi les plus grandes et les plus belles du monde, le tout dans une moiteur tropicale digne de l'Amazonie.

iguazu2

iguazu 1

mission san ignacio

Et Buenos Aires enfin, la capitale la plus "europeenne" de l'Amerique Latine, qui nous a fait penser a un curieux melange entre Paris, Madrid, Rome, avec un air de tango.



buenos aires 1

Nous quittons bientot le continent, apres pres de 20 000 km parcourus, par avion, bus, bateau, train, velo, pieds,... et puis surtout 12 ecoles. Les paysages etaient beaux, magnifiques, parfois a couper le souffle. Mais ce qui nous a le plus marquees, ce sont les rencontres. Les salles de classes, les tableaux, les cours de recreation et les tables de multiplication nous ont ramenees quelques annes en arriere - au fond, toutes les ecoles se ressemblent !

gamin1

Alors pourquoi faire une serie sur "Les ecoles au bout du monde" ? Parce que ce qui fait la richesse de cet echange, ce n'est pas le decor mais le contexte. A travers les mille petits details qui ressortent des classes, nous avons eu un apercu du monde dans lequel elles s'inscrivent. En parlant de leur ecole, les eleves et les enseignants nous ont parles d'eux, de leur pays, de leur culture, de leur vie parfois proche et parfois tres differente de la notre. Chacun a sa maniere nous a donne une petite lecon de vie. Il existe en Amerique Latine autant de realites que de paysages. Et l'ecole s'est revelee etre une belle fenetre pour regarder ce monde.

gamine

On ne vous dira pas que cela a ete toujours facile : entrer dans ce petit univers ultra organise que constitue l'ecole, c'est parfois intimidant. Mais chacune a ete une petite aventure en soi, et chaque fois les rencontres ont ete passionnantes. Et c'est parfois avec une reelle emotion que nous les avons quittees, quand nous avions appris, les enfants, les enseignants et nous, a nous connaitre et a nous parler.

On espere vous avoir transmis un peu de ce que nous avons appris durant ce voyage, en attendant de vous montrer plus d'images. Nous voudrions remercier tous ceux sans qui ce projet n'aurait pas ete possible :

Nos partenaires, soutiens et coups de pouce en France : La Mairie d'Arpajon, M. le Maire Pascal Fournier et Christine Luft; Le Conseil General du 93 et la Bourse Defi Jeunes; The North Face; Quechua; Bayard Presse; IGN; Marie du Guide du Routard; Marc, Michel, et l'equipe de "Parcours le Monde"; Caroline et Sylvaine de Paulin; Patricio et Camilla Guzman; Emiliana Gil Ocante; Marie-Julie Arnoult;

Les ecoles qui nous ont suivies depuis la France : L'ecole Edouard Herriot d'Arpajon, et particulierement les enfants et maitresses des classes de CM1/CM2 et CM2; l'ecole St Exupery de Grigny, et les autres...

Ceux qui nous ont accueillies en Amerique du Sud, hebergees, nourries et ouvert la porte des ecoles : Alberto, Juana et leurs enfants; Eva, Richard et Ruben; l'instituteur de la Isla de la Luna; Vayu, Marco et l'equipe du Centre Educatif Ñanta; Viviana, Philippe et el pequeñito Antoine; Paloma et sa famille, ainsi que Daniela et le colectivo Miradas; Patricio et son epouse; el Longko Leonardo Cuente et le directeur de l'ecole de Pitriuco; Tora, Naftaly et les pinguins de la Isla Magdalena;

Ceux qui nous ont soutenus depuis la France en nous laissant un petit mot par mail ou sur le blog;

Et puis un petit coucou a tous ceux que nous avons croises et avec qui nous avons fait un bout de chemin, en particulier Claire et Roxane, Mathieu, Lucie, Martin, Julie et Jerome, Veva, Danilo, et tous les autres.

Dans quelques semaines, nous mettrons sur le site les galeries des photos du voyage et des ecoles. Et on vous donne rendez-vous en mai-juin 2008 avec les films !

Benedicte et Sophie

sophie et bene

lundi, décembre 10 2007

Le monde du bout du monde : une ecole sous hautes radiations

J+74 , km 11 943

Nous avons passe nos 15 derniers jours a sillonner la Patagonie, d'Ushuaia, a l'extreme sud du Sud, a El Calafate, plus au nord.

lac

La Patagonie, terre du bout du monde, immense (un peu plus grande que la France a elle toute seule !), desertique (moins de 1 habitant au km2), sauvage et majestueuse. La plus grande partie de ce territoire appartient a l'Argenine et le reste au Chili. Des paysages desoles, des montagnes enneigees, des glaciers, des lacs, des steppes immensemment vides et battues par les vents, un ciel tourmente... Une bien belle fin pour cet immense continent. On n'y a pas eu chaud, mais on a adore !

torres

Dimanche 25 novembre, Ushuaia, Argentine
De l'avion, entre les nuages, nous voyons se devoiler ce grand bout de terre, Tierra del Fuego (la Terre de Feu), que dominent des montagnes couvertes de forets et de neige. On apercoit les arbres brises et arraches par le vent : la Terre de Feu n'est pas l'ile la plus hospitaliere qui soit. Nichee au fond d'une baie, au bord d'une mer sombre, apparait la petite ville d'Ushuaia, capitale de cette region deserte. Ici, malgre la presence des touristes et de la civlisation, la nature semble reine. Au large de la ville, les animaux (lions de mers -grosses otaries qui ressemblent effectivement a des lions-, pingouins, parfois meme baleines) s'ebattent sans se soucier des hommes qui passent, auxquels le climat tempètueux et changeant se charge bien de rappeler qu'ils sont tous petits. C'est que nous sommes ici entre le 45eme et 55eme degres Sud, a quelques milliers de kilometres du Pole Sud : la Patagonie est le seul endroit des 5 continents a etre sur le passage des vents venus de l'Antartique. Les marins connaissent bien cela puisqu'ils ont nomme la region "Roaring Forties" (les 40emes rugissants) pour designer les vents violents qui passent en rafale au large du Cap Horn, a seulement 140 km de la. En plus de cela, le climat change continuellement : il peut faire beau, et soudain il pleut ou meme il neige, meme en ete... On dit souvent qu"il peut y avoir ici "les 4 saisons en une seule journee".

La Patagonie a d'abord ete habitee par quelques milliers d'indiens : les Onas, les Yamanas et les Alakafutes vivaient nus malgre le climat extreme et chassaient et pechaient pour se nourrir. Mais comme partout en Amerique du Sud, ils genaient les conquistadores et les colons qui se sont appropries leurs terres. Presque tous ont ete tues au XIXeme siecle, victimes d'un veritable genocide. Aujourd'hui, il ne reste quasiment plus d'indiens dans cette region.

Les habitants d'Ushuaia aiment dire qu'ils vivent "au bout du monde". Bon, ce n'est pas tout a fait vrai : tous les chiliens vous expliqueront que la ville la plus au sud de l'Amerique Latine n'est pas Ushuaia mais Puerto Williams, petite bourgade a quelques kilometres de la, en territoire chilien, surtout habitee par des militaires. Mais on s'accordera en disant qu'Ushuaia est la derniere grande ville la plus australe. Et puis quand on a regarde les emissions de Nicolas Hulot, ca fait quand meme rever.

A quelques kilometres de la ville, nous decouvrons le Parc National de la Terre de Feu. Un endroit magnifique et paisible compose de montagnes, forets, et plages de galets, le long du Canal Beagle, ou se situe Ushuaia. Les lapins, renards, chevaux sauvages, castors, gambadent joyeusement; on a meme croise quelques pic-verts.

vallee

Mercredi 28 novembre, Punta Arenas, Chili.
Nous avons traverse le Detroit de Magellan, cette large passe de mer qui separe la Terre de Feu du Continent. Aujourd'hui, la mer est plate et le ciel a des couleurs extraordinaires, on apercoit meme quelques dauphins. Mais l'endroit est repute pour de belles tempetes. On en fait d'ailleurs l'experience le lendemain : de Punta Arenas, grande ville portuaire et tranquille du sud du Chili situee au bord du Detroit, nous reprenons le bateau pour l'Isla Magdalena, ou vivent une colonie de 120 000 pinguins de Magellans. Mais alors qu'il fait un temps superbe le matin, le vent se met soudain a souffler, la mer se leve, les vagues frappent le bateau : le capitaine decide de faire demi-tour et de ne pas accoster sur l'ile. Trop dangereux. Qu'a cela ne tienne, on y retourne le lendemain accompagnees de Tora, une jeune scientifique qui vit sur l'ile, et Naftaly, le garde de la reserve naturelle.

Il y a effectivement beaucoup, beaucoup de pingouins sur l'ile. Ces petites betes, mi-oiseaux, mi-poissons, ressemblent meme parfois a des hommes : les pingouins aiment se faire des calins et Tora nous raconte meme qu'ils fetent les "mariages" en dansant autour des nouveaux couples qui se forment. Et les pinguins sont tres fideles. Ils vivent sur l'ile de septembre a mars, le temps de se faire un nid, pondre leurs oeufs, donner naissance aux petits et leur apprendre a nager, marcher et se nourrir. Des que les petits ont l'age, ils partent vers le nord (sur les cotes du Bresil ou au nord du Chili) pour chercher des jours plus longs.

pìnguins

Toute cette magnifique faune et flore de la Patagonie se trouve aujourd'hui menacee. Chacun en a entendu parler, la planete est victime des abus de l'homme sur son environnement; et l'on sait depuis 20 ans deja que la couche d'ozone, qui permet la vie sur Terre, presente un trou grandissant. Et bien c'est ici, dans cette region sauvage et pure, que le phenomene se manifeste vraiment : Punta Arenas est situe sous le trou de la couche d'ozone, qui s'etend de l'Atlantique a la Patagonie. lac 2

Qu'est-ce que le trou de la couche d'ozone ? (avec l'aide de Wikipedia)
La couche d'ozone désigne la partie de la stratosphère contenant une quantité relativement importante d'ozone, composé chimique qui a pour effet d'absorber la plus grande partie du rayonnement solaire ultraviolet, dangereux pour les organismes vivants. En l'absence de cette couche d'ozone, la vie n'aurait été possible que dans les océans, à une distance suffisante de la surface des eaux. C'est en 1985 que l'alerte a été donnée avec la découverte d'une diminution importante de la concentration d'ozone au-dessus du continent antarctique. Une réduction de près de 50% du contenu total d'ozone était observée, se produisant au cours du printemps austral et couvrant toute la surface de l'antarctique. Depuis la fin des années 1970, l'épaisseur de l'ozone est passée, en certains endroits, de l'équivalent de 3 mm à 2 et même 1,5 mm aujourd'hui, en moyenne pour le mois d'octobre. C'est cette diminution relative de l'épaisseur de la couche d'ozone , que l'on nomme « trou d'ozone » ou « trou dans la couche d'ozone ». En 2006, l'ONU et les experts alertent sur le fait que la couche d'ozone se reconstitue moins vite que prévu, en raison probablement de l'utilisation persistante de gaz interdits, mais peut-être aussi à cause de l'effet de serre et des traînées de condensation laissées par les avions. C'est le froid qui exacerbe les réactions chimiques de destruction de l'ozone. Le trou dans la couche d'ozone a atteint une superficie record fin septembre 2006 et une épaisseur minimale record début octobre. À cette époque, à Ushuaia, les habitants ont été contraints de ne pas sortir découverts, car ils risquaient d'être brûlés vifs.

L'action des ultraviolets sur les organismes vivants
Les ultraviolets détériorent l'ADN des cellules, ce qui dérègle leurs activités (provoquant par exemple des cancers) ou les détruit (coup de soleil). De plus, les rayons ultra-violets perturbent les divisions cellulaires des micro-organismes aquatiques, ce qui a de graves conséquences sur la vie aux pôles. En plus des cancers de la peau, on observe aussi un affaiblissement général du système immunitaire.

Cela a des consequences sur les animaux qui subissent le rechauffement climatique en modifiant leur environnement et donc leurs habitudes alimentaires.

Les effets se font aussi sentir sur les glaciers, nombreux dans la region d'El Calafate, et qui sont en train de fondre pour la plupart de plusieurs metres par an... La glace qui se detache alors forme des icebergs qui derivent sur les lacs d'un bleu laiteux.

glacier Perito

iceberg

Vivre sous le soleil de Satan
A Punta Arenas, on connait bien le probleme car les repercussions sont bien concretes: durant les jours les plus dangereux, on peut se bruler la peau en moins de 5 mn. Chauque jour les journeaux de la ville publient les avis de rayonnements. Mais c'est surtout dans les ecoles qu'on s'est organise : il faut que les enfants soient informes pour etre proteges.

Nous nous rendons dans une ecole de de la ville. Chacune a un drapeau qui varie selon les jours, du vert au rouge, pour signaler le niveau de radiation : orange c'est moyennement dangereux, rouge tres dangereux. La prevention commence des le plus jeune age : a 4 ans, on sait deja qu'on ne doit pas sortir a Punta Arenas sans se mettre une bonne creme solaire (indice 50), des vetements a manches longues (ca vu le climat, on n'a pas trop de mal), voire ne pas sortir en milieu de journee pour les jours d'alerte rouge.

drapeaux

Les touts-petits nous expliquent comment proteger la planete : ne pas utiliser d'aerosol, aller a l'ecole a pieds ou en velo (ou meme a cheval nous dit une petite fille !) parce que sinon "les arbres ils peuvent pas respirer". Quand aux plus grands, ils sont parfaitement au courant de la chose : on assiste a un cours de biologie ou la professeur explique de manier detaillee les causes et consequences du trou de la couche d'ozone. Mais c'est nous qui avons appris le plus de choses, les eleves en savaient deja beaucoup!

Quand on interroge les ados, ils nous disent qu'ils sont habitues a avoir cette menace perpetuelle sur eux, a l'idee qu'ils sont plus exposes que les autres au cancert de la peau et autres maladies. Mais ils se protegent et vivent avec. Brr...

C'est etrange que ce soit ici, dans des region si peu polluee et si belle, que l'on supporte le plus les effets de la pollution de la planete. Alors qu'en France, cela reste un vague concept, ici ll fait desormais partie de la vie quotidienne. Il est grave, concret. Il nous vient a l'idee que si nous ne faisons rien rapidement, nous risquons tous un jour d'en arriver la. Et c'est effrayant...

cuervos

samedi, novembre 24 2007

Mapuches : les enfants de la terre

J+55, km 8095

Apres le tumulte de la ville, nous arrivons dans un tout autre lieu, qui contraste totalement avec ce que nous vu jusqu'a present : nous sommes maintenant au Sud du Chili, dans la region des lacs. Ici, plus de desert : des campagnes bien vertes dignes d'une tablette de chocolat Milka, de grands lacs aux eaux bleues, des montagnes enneigees a l'horizon. S'il n'y avait eu quelques volcans, nous nous serions cru dans les Alpes !

lac

classe

Mais c'est dans cet environnement qui nous semble si familier que vivent des communautes indiennes Mapuches, dont la culture et les coutumes sont aujourd'hui peu connues et reconnues, au Chili comme dans le Monde. Grace a l'aide de Patricio Garcio, chilien professeur de francais Santiago, nous entrons en contact avec Don Leonardo Cuente, "el Longko", c'est-a-dire le chef indien Mapuche de la Communaute de Pitriuco et des villages voisins. C'est un homme d'age mur, qui a tout d'un "sage". Tres respecte par les habitants du village, jeunes et vieux, c'est aussi une figure importante au niveau national : il prend part aux negociations gouvernementales en tant que representant de son peuple.

chef

"Don Leo", comme on l'appelle ici, nous explique l' Histoire des Mapuches, premiers habitants du Chili. Leur nom vient de "Mapu" (la terre) et "che" (les gens) et signifie donc les Gens de la Terre. Fiers et rebelles, ils s'opposerent plus que toute autre ethnie aux envahisseurs successifs, des Incas aux Espagnols. Aux XXeme siecle, sous la dictature de Pinochet, ils furent particulierement persecutes. Aujourd'hui, Don Leo souhaite avant tout que la communaute retrouve sa fierte et sa culture en partie oubliee : sa langue (qui n'est aujourd'hui presque plus parlee dans les familles), ses fetes qui marquent l'adoration de la Terre et de la Nature, dans le respect des autres cultures et peuples.

Les Mapuches ont leur propre musique (ils jouent du cultrum, de la trutruka ou encore du pifilka...), leur art (des bijoux et artesaniat), leurs fetes. A Pitriuco, la plus importante est la fete de Lepun qui a lieu durant 3 jours et 2 nuits pour la Nouvelle Annee. A cette occasion, les communautes se rassamblent et la population du village (700 habitants en temps normal) augmente considerablement.

L'ecole de Pitricuo compte 69 eleves, ages de 6 a 15 ans. Il y a 3 classes, de 2 niveaux chacunes (1er et 2nd grado, 3e et 4e grado, 5e et 6 e grado). Les parents des enfants travaillent pour la plupart dans l'agriculture. Ils sont de milieu social modeste. L'ecole est confrontee aux memes problemes que toutes les ecoles rurales : relatif isolement, moyens reduits,...

classe

fillette couette

Nous arrivons lundi matin : comme tous les debuts de semaines, les enfants se retrouvent devant l'ecole et chantent l'hymne national avec leurs professeurs.

hymne

La quai-totalite des eleves est d'origine Mapuche. Aussi l'ecole integre-t-elle cette culture traditionnelle a son enseignement general : en plus des cours de maths et d'expression ecrite, ils apprennent le langue mapuzungun, ont des cours de musique et d'artisanat. Nous assistons a un cours de poterie pendant lequel les enfants realisent des petits objets en argile. Un peu plus tard, ils nous font egalement une demonstration de danse Mapuche, en costumes traditionnels : les filles portent des rubans de couleurs dans les cheveux, les garcons, de longs ponchos en laine et jouent de la musique.

costume garcon

costume fille

danses

Durant les cours d'education physique, ils apprennent egalement des jeux traditionnels comme le palin, sorte de hockey sur gazon.



Une fois encore, nous avons rencontres dans cette ecole des gens particulierement chaleureux et accueillants, heureux de nous presenter leur culture et fiers de leurs racines : ils semble que le souhait de Don Leo se realise...

dessin

L'ile de Chiloe

Nous passons la fin de la semaine sur l'ile de Chiloe. A la limite de la Patagonie, dans l'Ocean Pacifique, cette ile tres verte (il y pleut 300 jours par an dit-on...nous on a eu du soleil ! ), a donne naissance a de nombreux mythes et legendes : un bateau fantome qui sort la nuit et rend fou quiconque l'apercoit, un nain qui marche sur ses moignons mais se transforme en prince charmant la nuit et met les femmes enceintes... Nous avons donc redouble de prudence pour ne pas faire de mauvaises rencontres !!!

bateau







fillette

mercredi, novembre 21 2007

Santiago: de Marie l'Immaculee a Pablo Neruda

J+48, km 6934

Santiago. Capitale du Chili, six millions d'habitants, des centaines d'immeubles et de maisons reparties entre les derniers contreforts des montagnes andines, a 170 km de l'Ocean Pacifique. Nous voila de nouveau dans une grande ville, bruissante de vie, de voitures et de modernite. Ici, nous sommes dans le temple du capitalisme et du liberalisme: sur les immeubles, des panneaux publicitaires geants vantent les merites des marques internationales -IBM, Coca Cola-, et dans les quartiers chics defilent belles voitures et hommes en attache-case.



Nous sommes accueillies par Paloma, jeune professeur d'histoire a l'Universite, et sa famille. L'occasion pour nous de decouvrir un peu mieux la culture chilienne, son Histoire, la capitale et la delicieuse cuisine du pays...

Ecole privee, Maria Immaculata

La premiere ecole que nous visitons a Santiago est un etablissement prive nomme "Maria Immaculata", Marie l'Immaculee, du nom de la Vierge dans la religion catholique. Elle n'accueille que les filles, de 6 a 17 ans, issues des classes moyennes et aisees de ce beau quartier de la ville. Il n'est pas rare ici que les ecoles privees soient non-mixtes, parce que, nous dit-on, "l'attention des eleves est ainsi moins troublee en classe". Au Chili, l'ecole fonctionne selon trois systemes distincts: prive, public, ou semi-public. Mais il est encore bien vu de mettre ses enfants dans un etablissement prive, des lors au'on a de l'argent: bien que le niveau ne soit pas toujours meilleur, on croit encore que l'argent permet d'acceder a plus de qualite et plus de securite. Bizarre, quand l'on sait que n'importe qui ici qui possede un petit capital peut l'investir pour ouvrir un etablissement scolaire dont il devient le directeur...

classe

"Maria Immaculata" est dirige par une mere superieure, et la religion (catholique, inutile de le preciser) tient dans l'ecole une place tres importante: presque tous les jours, les eleves recoivent des cours de religion qui consistent a reciter des prieres et des chants religieux; les bons comportements des eleves dans ces cours comptent d'ailleurs dans le passage en classe superieure; tous les jours, en ce mois de novembre, qui est le mois de Marie, les fillettes assistent a une Messe dans une Chapelle qui se trouve au sein meme de l'etablissement; dans chaque salle de classe et chaque couloir on voit des portraits de la Vierge, des Crucifix et des Autels; et le pere Aumonier de l'ecole vient benir les enfants en classe, entre le cours de maths et celui d'anglais. Alors, quand on leur dit qu'en France, la grande majorite de l'enseignement est laic, elles sont un peu surprises...

pretre

Toutes les petites filles portent la tenue reglementaire de l'etablissement, qui permet de distinguer, dans la rue, les eleves de ecoles prives de ceux des ecoles publiques: jupette courte, chemisier, chaussettes longues et noires avec des souliers plats, et les cheveux bien attaches. Pas droit a plus de fantaisie, mais les plus jeunes portent pour la plupart au dessus de l'uniforme une blouse, pour ne pas se tacher, tout comme les maitresses. Pour etre accepte dans l'etablissement, il faut bien sur payer la cotisation mensuelle, et si possible faire partie d'une famille respectable: la niece de Paloma, dont les parents sont divorces, a eu du mal a etre admise dans l'etablissement.

eleves

L'ecole commence a 8h00 et finit a 16h, et l'"almuerzo", le repas du midi, est servi entre 12h30 et 14h. Mais des la premiere recreation, a 10h, les petites filles sortent sandwichs, glaces, sodas, sucreries, en general achetes au stand "Coca Cola" qui trone dans la cour de recre; a cote deambulent deux hommes sandwichs qui vantent la celebre boisson -on a beau aller a l'autre bout du monde, on la retrouve partout! Et quand nous disons aux eleves auxquelles nous presentons le film qu'il est interdit, en France, de vendre ce genre de produits au sein des etablissements scolaire, elles ouvrent des yeux horrifies!

dessin1

Ecole publique, Confederation Municipal de la Reina

Apres cette immersion dans la culture religieuse et bien pensante de Santiago, Paloma et son amie Daniella nous accompagnent dans une autre ecole a l'autre bout de la ville, dans un quartier defavorise de Santiago, un etablissement oublic ou enseigne Daniella. Autre lieu, autre ambiance: ici, on aime bien la mixite, on porte la jupette de l'uniforme plutot courte, et eventuellement un sweat a capuche ou une casquette. Comme a Maria Immaculata, les plus petits cotoient les plus grans: l'etablissement accueille les enfants de 6 a 17 ans.

eleves preau

Ici, pas de messe quotidienne; mais on organise aujourd'hui un hommage a Pablo Neruda avec danses, lectures et deguisements. Le celebre poete est encore tres aime au Chili; il reste aussi une figure de la gauche et du communisme, puisqu'il fut l'ambassadeur du Chili en France pour Alliende; il est mort peu apres le coup d'Etat de 73 -on dit d'ailleurs qu'il s'est laisse mourir de tristesse...

pablo2





On assiste ensuite a un cours de maths plutot original: les eleves apprennents les proportions avec de petits cubes, qui forment ensuite des sculptures colorees. Cette methode, nous dit la maitresse, lui permet de meler les matieres "serieuses" a l'expression artistique et a plus interesser les eleves. Pour amener les enfants, qui n'ont pas forcement de livres a la maison, a lire un peu plus, elle organise aussi chaque jour des sessions de lecture silencieuse, ou les enfants peuvent choisir ce qu'ils preferent. Mais meme si le niveau de l'etablissement n'est pas mauvais, la plupart des eleves iront ensuite en lycee dit "technique".

dessin foot

Certains arreteront aussi un peu plus tot: dans la classe de Daniella, une jeune fille de 13 ans est enceinte et va devoir interrompre sa scolarite. C'est que dans ce pays tres catholique qu'est le Chili, l'avortement est interdit, il n'y a pas de campagnes pour encourager l'usage de contraceptifs, et quasiment pas d'enseignement sur la sexualite...

Ecole de nuit, Centro educacional San Fernando

Pour aider les eleves qui ont du arreter prematurement l'ecole comme cette adolescente, il existe au Chili, comme au Perou et en Bolivie, des ecoles de nuit. Mais elles sont ici bien differentes, car le pays ne compte quasiment pas d'analphabetisme: tous les enfants vont a l'ecole. L'ecole de nuit s'adresse donc aux adultes qui, en deux ans, rattrapent les dernieres annees d'ecole auxquelles ils n'ont pas assiste (parce qu'elles etaient enceintes, pour les filles, ou parce qu'ils devenaient jeunes papas et devaient subvenir aux besoin de la famille pour les garcons). Cela leur permet de passer l'examen final, et eventuellement de poursuivre a l'Universite, afin d'acceder a un meilleur travail.

eleves2

Santiago et le cas Pinochet

L'Histoire difficile du Chili est encore bien presente, partout, tout le temps, dans chaque detail de societe, et particulierement a Santiago ou se melent les populations et les classes sociales. Tous les plus de 20 ans ici ont vecu la dictature de Pinochet. Tous savent aussi que son regime est a l'origine de l'ultra-liberalisme qui gouverne actuellement le pays, mais aussi, il faut le dire, de la modernite et du developpement economique du Chili.

La famille de Paloma, dans les annees 70, etaient de gauche. Alors quand Pinochet est arrive au pouvoir, nous explique sa maman, elle et son mari ont decide de s'exiler avec leur fils encore bebe quelques annees en Argentine. Mais dans cette periode troublee de l'Histoire Sud-americaine, beaucoup d'immigrants -Peruviens, Urugayens, Boliviens, Chiliens- affluaient dans ce pays et la vie y etait difficile. La famille est alors revenue au Chili, preferant vivre dans son pays sous dictature plutot qu'en etranger ailleurs. Paloma nous explique les cassettes de groupes de rock denoncant la repression, bien sur interdites, mais qu'on se passait sous le manteau. Elle nous parle des livres interdits, des poemes prohibes. Elle nous dit qu'encore aujourd'hui, dans certaines ecoles privees que frequentent les classes aisees, on ne doit pas raconter ces parties de l'Histoire. Et l'on sent toutes les cicatrices que gardent la societe chilienne, tellement a vif, si peu gueries...

Pour finir ce post, on vous envoie une petite photo de Valparaiso, a une centaine de km de Santiago. Des maisons colorees, de vieux ascenseurs rouilles, la baie, les petits escaliers... Valparaiso, on a adore...



valparaiso





lundi, novembre 12 2007

Les enfants du desert

J+43, km 5489



train

Vendredi 2 novembre. Nous prenons le bus pour Uyuni, derniere grande ville avant la frontiere chilienne. La route qui vient de Potosi n'est pas asphaltee: durant 6 heures c'est uniquement de la piste. Uyuni est le point de depart d'une excursion de 5 jours, qui nous menera au Chili, dans une region qui compte parmi les plus beaux paysages de Bolivie.

desert uyuni

D'abord, le Salar d'Uyuni, un immense desert de sel de 12 000 km2, le plus grand du monde. Des hommes y extraient le sel: un autre metier particulierement dur physiquement, d'autant que le soleil, amplifie par la reverberation du sel, brule rapidement la peau et les yeux.

salar

salar2

travailleur de sel

Nous traversons ensuite les "lagunas coloradas", ces petits lacs dont la couleur differe suivant les algues et les mineraux qui s'y trouvent: elles sont vertes, bleues ou meme rouges.

laguna

laguna roja

Malgre l'altitude (nous passons un col a 4900m, soit plus haut que le Mont Blanc !), des animaux y vivent en totale liberte: flamands roses, vigognes, lamas, vascachas (sortes de petites marmottes), renards du desert...

flamands

renard

vigognes

La roche des montagnes et des volcans a ici des tons rouges et ocres et par endroits, des fumerolles et petits geysers emanent de la terre. Les paysages sont a couper le souffle.

geyser

source eau chaude

montagnes

Nous terminons par l'ascension du volcan Licancabur, qui marque la frontiere entre la Bolivie et le Chili. Cette derniere est extremement eprouvante, car le sommet se trouve a 5980m. A cette altitude, il y a beaucoup moins d'oxygene dans l'air. Le corps reagit fortement: maux de tete, nausees... Chaque pas et chaque respiration demande un effort important et une grande concentration. Parties a 5h du matin, il nous faudra 9h de marche pour atteindre le sommet (1500m de denivele) et 3h pour redescendre. Mais la encore, nous sommes largement recompensees de nos efforts par la vue epoustouflante que nous decouvrons.

laguna verde

Mercredi 7 novembre. Nous passons la frontiere du Chili, direction la petite ville de San Pedro, au milieu du desert de l'Atacama. Tout de suite, nous ressentons une grande difference avec la Bolivie: le Chili est un pays plus developpe, les routes sont goudronnees, le niveau de vie bien plus eleve.

San Pedro est a l'origine un petit village du desert qui s'est developpe grace au tourisme. C'est en effet un point de passage entre le Chili, la Bolivie et l'Argentine.

san pedro3

san pedro2

Nous rencontrons l'ecole de la ville qui accueille 400 enfants (100 il y a quelques annees). Ici, l'ecole ressemble a l'ecole francaise: on y enseigne les memes matieres et les jeux dans la cour de recreation sont similaires.

san pedro ecole

Le lendemain, nous nous rendons dans un tout petit village au milieu du desert, Socaire. S'y trouve une ecole d'une trentaine d'eleves, divises en deux classes, regroupant chacun trois niveaux differents. Leurs parents travaillent dans le Salar de l'Acatama ou dans l'agriculture. Ici, contrairement a San Pedro, tous les enfants sont indiens. Les horaires de l'ecole peuvent varier legerement en fonction du climat : dans le desert, s'il fait chaud la journee, il peut faire tres froid et surtout tres venteux le soir, ce qui pose des problemes aux enfants pour rentrer chez eux. Le village se trouve a une centaine de kilometres de San Pedro mais aucun transport en commun ne s'y rend. Cet isolement rend les conditions de vie difficiles, nous dit la directrice. Le seul telephone de l'ecole est son portable!

socaire

Dans l'ecole, des panneaux informatifs sur les mines sont accroches: dans la region se trouve encore de nombreuses mines antipersonnelles. Elles sont aujourd'hui le signe de l'Histoire recente et douloureuse du Chili: elles avaient ete posees du temps de la dictature du General Pinochet (1973-1988) pour eviter le passage clandestin des frontieres toutes proches. Malheureusement, un grand nombre n'ont pas ete retrouvees et se trouvent toujours dans la nature, se deplacant au gres du vent, pretes a exploser si quelqu'un, adulte ou enfant, marche dessus.

mercredi, octobre 31 2007

Sucre, les petits travailleurs de la rue

J+31, km 4724

Sucre, deuxieme ville de Bolivie, est un endroit ou il fait bon vivre: le climat y est plus doux qu'a Potosi et les belles maisons coloniales lui ont autrefois valu le surnom de "Cite blanche". La ville est aujourd'hui classee Patrimoine Mondiale de l'UNESCO. On y oublierait presque les petits cireurs de chaussures qui se fondent dans la foule de la place centrale, aux allures quasi europeenne.

cireur

Nous avons passe deux jours dans le centre "Ñanta", qui s'occupe des enfants travailleurs de Sucre. Ils sont vendeurs de sacs plastiques, porteurs, cireurs, guides au cimetiere... Nous etions en contact avec eux depuis la France et sommes tres bien accueillies.

L'organisation du centre est assez originale: des adultes boliviens qui s'occupe de l'organisation, des volontaires boliviens et europeens qui aident aux diverses taches et ateliers, et les enfants du centre qui participent eux aussi aux prises de decisions.

Tous les enfants qui viennent la le font volontairement et librement: en general d'abord pour "l'almuerzo" (le dejeuner), qui est organise chaque jour. Ils paient 50 centimes de bolivianos (5 centimes d'euros) pour leur repas, une somme symbolique et importante pour ne pas les habituer a etre assistes.

almuerzo2

Ils peuvent egalement participer aux nombreuses activites qui sont organisees: soutien scolaire d'abord, mais aussi ateliers de peinture, de musique, d'artisanat...

peinture

Le centre est aussi un lieu ou l'on privilegie le jeu, car bien souvent les enfants qui viennent la menent deja une vie d'adulte en devant travailler pour gagner de l'argent. Ils sont deja marques par une vie difficile et cherchent au centre une affection dont ils ne beneficient sans doute pas beaucoup chez eux. Ils sont en general dehors de 8h du matin a 21h-22h le soir.

jeux

Il regne au centre une atmosphere vraiment conviviale. L'un des responsables organise un concert de musique traditionnelle: flutes, tambours et percussions improvisees sur des boites en metal. On sent que les enfants prennent beaucoup de plaisir a jouer et le resultat est vraiment sympa.

musique

Nous partons avec Hugo, cireur de chaussures de la place, qui nous explique son travail et sa vie. Hugo a aujourd'hui 13 ans et travaille depuis qu'il a 8 ans. Plus tard, il veut etre dentiste, et pour cela, il travaille dur a l'ecole. C'est pour cette raison qu'il est venu a Sucre. Ses parents sont restes dans la campagne: il habite ici chez son oncle et sa tante. Il cire les chaussures surtout le week-end car le reste de la semaine, il n'a pas beaucoup de temps entre l'ecole et ses devoirs. Lorsqu'il travaille, il gagne jusqu'a 15-20 bolivianos par jour (1,5 a 2 euros). Il vient a Ñanta quasiment tous les jours et participe activement aux decisions qui y sont prises. Hugo fait partie de ces enfants dont on sent qu'il veut se donner les moyens de reussir et qui merite d'y arriver!

hugo

affiche

dimanche, octobre 28 2007

Germinal au XXIeme siecle

J+28, km 4660

Nous sommes arrivees vendredi matin a Potosi. Cette ville, a 4200m d'altitude, etait celebre par le passe pour ses mines d'argent. C'etait alors une tres riche cite coloniale, centre de fabrication des monnaies du monde entier. Aujourd'hui, il n'y a quasiment plus d'argent dans les mines mais on continue a y extraire des mineraux et de l'etain. 6 000 mineurs (16 000 selon notre guide) y travaillent quotidiennement, dont environ 500 enfants ages de 12 ans ou plus.



Samedi matin nous partons donc avec un guide du "Cerro Ricco" de Potosi, cette grande montagne qui surplombe la ville et dans laquelle se trouvent les 500 mines exploitees: un veritable gruyere!

vue mine

camion mine

Premiere etape: le marche des mineurs. Il est en effet d'usage d'offrir quelques cadeaux aux personnes qui travaillent et que nous rencontrerons: feuilles de coca, sodas, mais aussi dynamites et explosifs dont ils se servent quotidiennement.



Nous partons ensuite nous changer et enfiler nos combinaisons, bottes et casques.



sophie mine

Arrivees a l'entree des mines, l'angoisse monte. Nous decouvrons alors le Germinal de Potosi: a l'interieur, de petits couloirs etroits. Il faut regulierement se baisser pour marcher. La mine est composee de plusieurs niveaux que l'on peut atteindre par des puits ou se trouvent des echelles sommaires. Au fur et a mesure de notre avancee, nous entendons les tac-tacs des piolets et les detonations des dynamites qui font vibrer la montagne. Elles s'accompagnent d'odeurs de gaz tres fortes qui nous empechent parfois de respirer. C'est vraiment impressionnnant!

mineur dans mine

Nous rencontrons des hommes qui travaillent en silence seuls ou en petits groupes, dans le noir, eclaires eux aussi par leur simple lampe frontale. Ils avancent au piolet, centimetre par centimetre, pour extraire les minerais. Ils cherchent "la veine", "le filon" sur lequel se trouve les mineraux. S'ils ont de la chance, ils en trouveront un gros: ils pourront alors l'exploiter a l'aide de leurs fils, leurs freres, voire d'autres personnes qu'ils embaucheront pour l'occasion. Car si la mine est organisee soit disant en cooperative, chaque travailleur est en fait relativement independant. Il doit lui-meme trouver sa "veine" et est paye au rendement. Il n'a pas d'horaires non plus: chacun s'organise comme il le souhaite. Mais a l'interieur de la mine, on ne peut pas manger a cause des gazs nocifs. Les mineurs machent donc quotidiennement des feuilles de coca qui leur servent de coupe-faim et d'anti-anxyolitiques.

Dans chaque mine se trouve une representation du dieu Tio - le protecteur des mineurs- a l'aspect un peu effrayant. Les mineurs lui font quotidiennement des offrandes: feuilles de coca, alcool et cigarettes. Si le dieu fume, c'est signe de chance. Nous allumons donc une cigarette que nous placons dans sa bouche.

tio

Les mineurs le sont generalement de pere en fils, depuis des generations, question de fierte disent-ils. Leur esperance de vie est tres faible, autour de 45 ans: ils meurent quasiment tous de maladies respiratoires comme la silicose, ou d'accidents lies aux explosions. Nous apprenons que la veille de notre visite, deux mineurs sont morts par manque d'oxygene alors qu'ils faisaient une offrande au dieu Tio.

A l'exterieur de la mine, les femmes font le tri manuellement pour separer les materiaux.

femmes travaillant

Cette experience nous donne a reflechir sur des conditions de travail qu'on pensait ne plus exister aujourd'hui. Quelle vie!

"Voices Libres"

Nous rencontrons egalement "Voices Libres", ONG suisse dont le but est d'eradiquer le travail des enfants dans les mines. Le centre aujourd'hui 77 enfants, en pension complete, tous en situation difficile. La plupart sont des enfants de mineurs ou ex-travailleurs des mines. Ils sont aujourd'hui pris en charge par le centre qui leur offre logement, nourriture, scolarisation, couverture medicale et activites recreatives.

Nous pensions rester quelques jours dans le centre pour y tourner un episode, mais, pour la premiere fois, nous nous heurtons a un refus de la direction. Elle nous demande de ne pas interviewer ces enfants au passe difficile et ne nous permet de tourner d'images. Nous passons donc simplement un apres-midi dans le centre et leur donnons les polaires, echarpes et gants de notre partenaire Quechua, fort utile ici car il (tres) froid, a Potosi !

jeudi, octobre 25 2007

On a marche sur la lune

Il est des lieux que l'on dirait preserve du temps: l'isla de la luna, sur le lac Titicaca, est de ceux la.

ile lune

Quand nous y debarquons lundi soir, apres une rude journee de marche sur la "Isla del Sol" (l'ile du soleil) toute proche, nous avons effectivement l'impression de debarquer... sur la lune. Une ile un peu desolee et jolie a la fois, ou vivent encore 29 personnes, dont 13 enfants scolarises, tous issus de la meme famille. Des petites maisons (parfois fournies a l'energie solaire), une minuscule eglise (abandonnee, aucun pretre ne veut venir jusqu'ici), une ecole et un terrain de foot bordent la plage de galets; c'est la cave toute sombre d'une maison qui tient lieu de "tienda", magasin ou trouver l'essentiel (enfin... du soda, du pop-corn... mais pas d'eau!) Les hommes vivent ici de la peche, a la truite surtout, qu'ils vont vendre a Copacabana, la plus "grande" des villes voisines (quand meme a 3h de bateau). Les femmes travaillent a la maison, vont chercher l'eau du lac pour boire et du bois pour le feu, font un peu de tissage...

lac titicaca

L'ile de la lune est celebre pour ses ruines, son "temple des vierges" et ses energies magnetiques particulieres, comme l'ile du soleil; les deux iles constituent d'ailleurs le berceau de nombreuses civilisations (tiwanaku, aymara, recupere ensuite par les Incas). Alors l'ile recoit parfois la visite de quelques touristes; mais de l'autre cote de l'ile seulement par rapport au village, la ou se trouve les ruines. Une seule famille vivait a l'origine ici; maintenant, les hommes et les femmes se sont maries avec d'autres venus d'ailleurs, mais tous portent le meme nom, et sont oncles, sousins, freres, soeurs... Chacun parle l'aymara, la langue locale, mais aussi un peu l'espagnol, enseigne a l'ecole.

pecheurs

Quand nous debarquons sur l'ile -apres de longues negociations avec un marin d'a cote qui accepte finalement de nous y emmener-, nous ne savons pas trop ou nous arrivons. Un enfant tient son lama en laisse au bord de l'eau; des cochons, des poules, des moutons, des oies s'ebattent dans l'herbe. On demande s'il y a un endroit ou nous pouvons dormir: des enfants nous menent a une baraque isolee, avec un seul lit un peu defonce; on s'eclairera a la bougie, quand a la salle de bains et aux toilettes, ce sera... dehors. Une femme nous fait a manger (des patates et du riz, et parfois des oeufs et du poisson, seule nourriture que l'on trouve sur l'ile), mais tous sont tres timides et ne nous parlent pas facilement. On demande a etre presentees a l'instituteur: c'est un homme relativement jeune qui nous ouvre la porte de sa petite maison de fonction a cote de l'ecole. Il nous explique qu'il n'y a pas grand chose a faire par ici, a part l'ecole; personne a qui parler... Il attend toujours avec impatience le week end pour pouvoir aller en ville, voir des gens. C'est que l'ile est tellement isolee qu'il ne peut meme pas recevoir d'emails, pas meme de courriers!

Le lendemain, nous nous rendons dans la classe unique de la petite ecole ou se retrouve les 13 enfants de 3 a 12 ans. L'ecole commence ici par un rituel un peu specifique: les eleves se mettent en rang par grade (classe) devant l'instituteur qui leur fait faire une marche militaire, des demis tours puis un grand " Bue-nos-di-as-pr-fe-ssor!" Ils chantent ensuite l'hymne national et rentrent en classe. La, tout de suite, ca devient un peu plus le bazar: comme dans toutes les classes uniques du monde, ca n'est pas facile de maintenir l'ordre quand on enseigne a des enfants de tous les niveaux...

classe 2

Comme dans les autres ecoles que nous avons visite, nous faisons faire aux enfants des dessins sur leur vie. Ils nous dessinent leur petite ile, leurs maisons, le soleil et la lune, la peche et les lamas.

Classe1



dessin

Pendant la recre, les enfants vont et viennent autour de l'ecole, et meme chez eux: pas de barriere, rien n'est ferme ici, l'ile est petite! A la sortie de l'ecole, aucun parent ne vient chercher ses enfants: ils habitent tous a cote!

enfants dans herbe2

Parfois, quand le soleil brille, l'instituteur decide de faire classe dehors, sur la pelouse. Il n'y a pas de voiture, on peut bien en profiter.

Nous essaierons de realiser quelques petits interviews, mais sans trop de succes: ici, les adultes comme les enfants sont tres timides, on ne leur a jamais appris a s'exprimer en public, encore moins devant une camera. Nos petits livres rencontrent par contre un franc succes: "Poppi", "J'Aime Lire", les enfants adorent, et on a pas beaucoup de nouveau materiel par ici.

lecture

Nous leur expliquons un peu d'ou nous venons; mais on voit bien que pour eux, la France, c'est un autre monde qui ne leur parle pas beaucoup. L'instituteur nous raconte que les adolescents partent parfois travailler en ville, s'ils ne restent pas pour devenir pecheur ou se marier sur l'ile ou celle d'a cote. Mais parfois, ils reviennent, ne pouvant s'habituer au rythme effrene de la ville, trop loin de la petite ile de la lune...

lune

dimanche, octobre 21 2007

Au revoir Perou, bienvenue Bolivie !

Ce matin, nous avons traverse la frontiere entre le Perou et la Bolivie. C'etait aujourd'hui recencement general au Perou (nous avons d'ailleurs ete comptabilisees) et chacun etait mobilise chez soit : pas de bus, pas de taxi,... nous avons du passer la frontiere a pieds avec nos sacs sur le dos !

Bene a la frontiere

Nous sommes en ce moment a 3800 m d'altitude sur les bords du lac Titicaca. C'est le plus haut lac d'Amerique Latine.



Plusieurs de ses iles sont toujours habitees : au Perou, les iles Uros - petites iles flottantes construites sur des racines de roseaux ;

uros

les iles Amantani et Taquile sur lesquelles les habitants preservent encore leurs traditions (les hommes tricotent et portent des chapeaux ressemblant a des bonnets de nuits : rouges s'ils sont maries, rouges et blancs s'ils sont celibataires)

Amantani



taquile

Cote bolivien, il y a les iles du Soleil et de la Lune, 2 iles chargees d'histoire et de mysticisme, sur lesquelles nous souhaitons passer qques jours et rencontrer une ecole.

jeudi, octobre 18 2007

A la decouverte du monde Inca

J+18, km 3497

On ne rigole pas avec la montagne andine... Quelques heures apres notre arrivée a Cuzco, 3400 m d´altitude, nous sommes obligées de nous arrêter, victimes du "soroche" - le mal des montagnes. Un mal particulier qui survient lorsque l'on passe trop rapidement a une altitude élevée, sans laisser au corps le temps de s'acclimater. Nous avons la tête qui tourne et les jambes qui flanchent. Heureusement, une journée nous suffit pour récupérer et nous partons a la decouverte de Cuzco et de sa région.

Vue de la cordillere 1

Petit rappel historique...

Cuzco (dont le nom signifie "nombril" en quechua) est l'ancienne capitale de l'Empire Inca. Une civilisation qui, en 1 siecle (a partir de 1400), a su étendre son territoire de la Colombie au Chili. Qui maîtrisait le travail de la pierre, l'agriculture, l'astronomie et la gestion du travail collectif. La religion Inca était fondée sur le culte du Soleil, de la Lune et de la Terre, pour lesquels ils érigèrent de magnifiques temples emplis d'or et d'argent. Lorsqu'au XVIeme siècle, les espagnols arrivèrent sur le " Nouveau Monde", ils amènent avec eux epidemies et armes et mettent rapidement l'Empire a genoux. Ils obligent le peuple Inca a se convertir au catholiscisme et le reduisent en esclavage. Le Perou devient une colonie espagnole jusqu'a son indépendance en 1824.

Femmes dans la rue

Cuzco, la Vallée Sacrée et le Machu Picchu

Femme tissant laine

Cuzco est une ville marquée par cet heritage Inca et colonial. S'y cotoient des vestiges de temples Incas, de belles eglises coloniales, des petites ruelles pavées... Il fait bon flaner a Cuzco, surtout quand on vient de la capitale ! On sent ici l'air pur des montagnes, et malgre l'altitude, le soleil chauffe la journee les petites places de la ville...

cathedrale de Cuzco

Cuzco

Tout autour de Cuzco s'entend la Vallee Sacree : des ruines Incas se cachent dans les magnifiques montagnes environnantes. Nous en profitons pour faire plusieurs randonnees, malgre le souffle qui se fait court avec l'altitude. Dans les villages, nous parcourons les petits marches. Ici, les gens sont encore habilles de maniere traditionnelle : de larges jupes et jupons, des chapeaux, hauts ou plats mais toujours des chapeaux, des tissus colores qui servent a porter dans le dos provisions, recoltes, et meme enfants.

Marche de Pisac

Couleurs du marche de Pisac

Plus loin dans la campagne, nous nous rendons dans une saline naturelle construite par les Incas et toujours exploitee aujourd'hui. Un petit ruisseau d'eau chaude et salee descend de la montagne et , retenu dans les differentes terrasses, permet une recolte abondante de sel.

Salines

Femme travaillant sel

Mais le plus beau de tout, c'est bien sur Machu Picchu, la celebre cite perdue des Incas. Des ruines perchees en haut des montagnes, dominant la jungle et la foret.

Macchu Picchu

Decouverte en 1911, elle n'a toujours pas livree tous ses mysteres : etait-ce une forteresse pour prevenir une invasion des tribus amazonienne ? une capitale religieuse ? ou un lieu de culte consacre au Soleil ? la derniere capitale Inca ? Toujours est-il que le site est magnifique, et meme la presence de nombreux touristes ne gache rien au spectacle.

Bene et Sophie au Macchu Picchu

On ne peut pas s'empecher de vous mettre notre photo carte-postale du moment ... et c'est pas un montage !

Lama devant Macchu Picchu

Et pour finir....

Nous avons recu plusieurs messages des enfants qui nous demandent quel est le climat ici et ce que l'on mange.

Nous sommes ici de l'autre cote de l'Equateur; du coup, les saisons sont inversees : quand c'est l'hiver en Europe, c'est l'ete au Perou. En ce moment, c'est donc le Printemps. Le Perou est un grand pays a la geographie et au climat variés : il y a la "costa" (la côte), la "selva" (la jungle) et la "sierra" (la montagne). Par exemple, en Amazonie, il fait toujours chaud et humide, alors que dans les montagnes, il fait plus frais toute l'année, voire tres froid en juillet - aout.

Le Perou, c'est le pays ou l'on a decouvert la pomme de terre : c'est donc une sorte de specialite locale, et on en mange beaucoup, ainsi que le riz, le maïs, le poulet et les nombreux fruits exotiques de la jungle. Les repas principaux sont le petit dejeuner et le dejeuner, on mange quelque chose de leger le soir.

Vue cordillere 2

vendredi, octobre 12 2007

Lima, escuela de dias, escuale de noche

J+12, km 2332

Ecole de jour

Nous voila de nouveau sur la route, apres un sejour dans une ecole de Lima, "Mater et Magister", ou nous avons recu un accueil pour le moins... hors du commun!

Cette petite ecole privee de San Juan de Lurigancho, l´un des quartiers les plus peuples de Lima, accueille les enfants de 3 a 11 ans.



dessin - ecole2

A notre arrivee, jeudi matin, nous avons l'agreable surprise de voir tous les enfants reunis devant l´ecole, pour une ceremonie d´accueil en belle et due forme: ils nous chantent l´hymne national, brandissent des banderoles pour souhaiter la bienvenue aux "chicas de Francia", et nous avons droit au discours (avec sono, s´il vous plait!) d´un professeur sur les ressemblances entre la France et le Perou (deux pays qui ont connu la revolution pour installer leur democratie). Sophie doit meme improviser un discours (en espagnol, bien sur!) tandis que je filme, un peu deconcertee, cette scene d´accueil que nous n´attendions pas. Nous apprendrons plus tard que la directrice avait meme prevu d´emmener tous les eleves nous chercher a l´aeroport! Mais le retard d'1 jour de notre avion a du modifier ces plans...



Eleves grands bis

Toute peinte en violet, l´ecole est decoree de guirlandes en papier, des dessins des enfants et de statues a l´effigie de la vierge "Rosaria de Yauca" (sainte patronne de cet etablissement tres catholique). Comme partout au Perou, on y porte l´uniforme: ici, un survetement violet pour les garcons, une robe et de grandes chaussettes pour les filles. Cela permet d´eviter que certains ne fassent l´ecole buissoniere: quand un enfant de l´ecole est dans la rue aux heures de classe, avec ces vetements, on le repere facilement! Au Perou, l´ecole primaire est obligatoire; mais certains enfants ne viennent pas en classe: ils doivent aider leur mere a la maison ou aller travailler, surtout si le pere n´est plus a la maison.



dessin - ecole
dessin vierge
La religion catholique est tres presente

"Mater et Magister" est une ecole privee: chaque famille doit payer 30$ US par mois pour un enfant ce qui represente une somme importante pour ces familles issues d'un milieu social plutôt bas. Ceux qui n'ont pas les moyens de payer cette somme peuvent s'arranger avec l'ecole pour avoir l'ecole gratuite, en echange de quoi les meres preparent le dejeuner de tous les enfants. C´est qu´ici, on a cours de 8h a 14h! alors le dejeuner (une soupe bien chaude, une assiette de poulet, riz et pommes de terre, du yaourt) se prend a la recreation de 10h, pendant que l´on joue dans la cour! Le soir, les enfants reprendront un repas leger avant d´aller se coucher. Il faut se lever tot pour aller a l´ecole, car certains ont jusqu´a une heure de trajet pour venir: en voiture, en moto-taxi (sorte de petite moto a trois roues, un petit taxi pratique et pas cher), a pied ou sur le guidon du velo des parents.



dessin jeu
Les jeux de la recre

On apprend ici toutes les matieres utiles a la vie plus tard: la lecture et l´ecriture bien sur, mais aussi l´histoire du Perou, la communication orale, la geometrie, la trigonometrie, l´anglais et meme la cuisine! On fait beaucoup de travaux manuels : des masques, des maquettes (du Machu Pichu par exemple, la montagne sacree des Incas, ancetres des peruviens); les plus petits nous font meme une demonstration impressionnante d´une machine qu´ils ont construites a l´aide de tessons de bouteilles en plastiques, qui sert a attraper des objets. C´est qu´apres l´ecole primaire, il faudra se debrouiller: certains vont au "second degre" (equivalent du college/lycee), mais beaucoup arretent la les etudes. Seulement 50% des eleves de Lima vont a l´universite, dont l´entree est difficile et qui reste chere.



jojo et sa copine
eleves font maquette

Les eleves sont fiers de nous presenter leur vie et leur "colegio" (ecole en espagnol). Nous recevons des petits mots: "Gracias por venir a nuestro Peru. Usted no sabe como es bonito nuestro Peru" ("Merci de venir au Perou. Vous ne savez pas a quel point c´est beau, notre Perou"...) Nous passons dans les classes presenter le film tourne a l´ecole Edouard Herriot. quelle surprise pour eux de voir tous ces petits "gringos", a la peau blanche, mais aussi noire, beurre, metisses, aux yeux brides! En France, on est donc pas tous blancs? Quand ils entendent un eleve francais dire qu´il a cours jusqu´a 16h30, nous entendons un grand "oh" de stupefaction: si tard! Mais ce que tous attendent, c´est voir la recreation: a quoi on joue, chez vous? On leur explique la marelle, le ping pong et "Un, deux, trois photos". Ici, on est plutot "chat americain"; mais surtout... filles et garcons... on joue au foot! Nous leur demandons s´ils connaissent Zidane. Bien sur qu´ils le connaissent! Et quand on leur dit qu´il est Francais, ils n´en reviennent pas.



eleves regardent le film
Les eleves regardent le film tourne a Edouard Herriot

Apres les interviews des enfants (et aussi de quelques chansons, sisi, ils insistent!), ils viennent tous nous faire la bise (les enfants peruviens n´hesitent pas a embrasser les adultes, pour leur dire merci, ou au revoir, meme les grands). Et ils insistent tous pour que nous revenions... l´annee prochaine, avec au moins 5 enfants francais! Avis aux amateurs!

Ecole de nuit

Nous nous rendons le soir dans une autre sorte d´etablissement: une ecole "de noche", de nuit, publique cette fois.



ecole de nuit - 2 eleves

A Lima, il y a beaucoup, beaucoup d´ecoles de nuit: elles sont ouvertes de 18h a 22h30. Elles accueillent les enfants qui ne sont pas au niveau, et surtout les adolescents et adultes qui veulent apprendre a lire, a compter, parfois qui veulent passer un diplome, mais qui travaillent la journee.

L´ambiance est toute differente. Ici, on arrive a l´heure qu´on peut, quand on sort du travail (plus tard le vendredi, car on va recuperer sa paye aupres du patron): Mais surtout, on apprend a son rythme, et en petits groupes: chaque niveau ne compte que 10, 20 eleves; et comme a l´ecole "de jour", il y a un primaire, un secondaire...



ecole de nuit - groupe2

Cette ecole est publique, et donc gratuite, et n´accueille pas moins de 1200 eleves. 30% des ecoliers de ce district de Lima vont a l´ecole de nuit. Ils ont 13, 16, 25, 50 ou meme parfois 11 ans; et malgre leur (parfois tres jeune) age, ils sont mecaniciens, "bonnes a tout faire", chauffeurs de taxis... Mais ils veulent apprendre et etudier pour mieux se debrouiller dans la vie, meme si cela signifie pour eux enchainer la journee de travail, et la journee de classe.

On interroge une petite fille de 12 ans: "Est ce que tu travailles la journee?" "Non, je ne travaille pas". "Mais pourquoi alors tu vas a l´ecole de nuit?" "J´ai 12 ans, et je ne sais pas lire, pas compter... Je n´ai pas ete a l´ecole avant... Qu´est ce que je ferai avec les autres enfants de mon age, qui savent deja tout faire?"



ecole de nuit - 2 eleves

Le contraste entre ces realites, ces enfants pleins de vie qui recoivent un enseignement de qualite le jour, et ces jeunes adultes au regard tristes qui s´appliquent a progresser la nuit, est saisissant. Mais Lima est une ville aux realites sociales complexes. Ecoles privees, ecoles publiques, ecoles de jour, ecoles de nuit...

mercredi, octobre 10 2007

San Juan, la vie dans la jungle

J+7, km 1316

Nous voila de retour a la civilisation apres 5 jours d´immersion dans la selva, la jungle amazonienne. Nos affaires sont encore humides et sales mais nous avons vecu des aventures incroyables...

le fleuve

Apres 3h30 de bateau rapide sur l´Amazone (environ 150 km), nous atteignons le Rio Ucuyuna, un affluent de l´Amazone ou durant trois jours nous decouvrons la jungle avec Moises, notre "jungle guide": excursions dans la foret tropicale et observation de ses habitants (singes, oiseaux, tarantules, paresseux...), peche aux pirhanas (des petits poissons a l´aspect inoffensif mais bel et bien carnivores), baignades avec les dauphins roses et gris de l´Amazone, balades la nuit sur le fleuve pour apercevoir les caïmans dont les yeux rouges brillent a la surface de l´eau quand nous les eclairons avec nos lampes torches...
Sophie dans la jungle
Singe

Nous passons ensuite deux jours dans une famille du petit village d´a cote, San Juan de Uuyuna, totalement isole du reste du monde: ici pas d´eau (les habitants boivent et se lavent dans l´eau du fleuve a l´aspect un peu boueux), pas d´electricite, et donc pas de televisions ni de telephone et d´Internet. C´est le Maire du village, Alberto, qui nous accueille avec sa femme Luisa et des enfants Jhuana, Alberto et Luis.

famille d alberto

Le village maison sur pilotis
Les maisons sont de simples cases en bois construites sur pilotis pour eviter l´eau qui monte a la saison humide et permettre aux animaux domestiques de vivre en dessous (poules, cochons, chat, chien)... Pas de fenetres, mais de simples moustiquaires installees sur le sol pour se proteger des innombrables insectes. Les femmes font la cuisine au feu de bois et lavent leur linge avec l´eau de la riviere. Toute la famille dort dans la meme piece; la maison dispose parfois d´une autre piece pour la cuisine et la vie commune. Les gens se reposent dans des hamacs suspendus au plafond. Les toits sont fabriques en feuilles de palmier tissees. Ces maisons tres simples se construisent en 15 jours environ et ne coute que 400 soles (l´equivalent de 100 euros).
fillette dans hamac

La terre en Amazonie appartient au gouvernement et ne peut ni se vendre ni s acheter: lorsqu´une famille souhaite s´installer, c´est le maire du village qui lui indique ou construire sa maison.

Les habitants

Seulement 32 adultes et 43 enfants vivent dans le village. La plupart sont pecheurs et vont a la cueillette des fruits et legumes dans la jungle (bananes plantains, noix de coco, papayes, goyaves, pasteques, melons...)

Il n´y a qu´une seule echope dans le village pour acheter quelques denrees de base (du Coca-Cola!), ainsi qu´un petit bar ouvert le dimanche.

Luis a la fenetre

La vie est donc tres simple, a mille lieues de nos habitudes de consommation: on regarde les enfants jouer, on se baigne dans la riviere, et mis a part le soucis de trouver de quoi nourrir sa famille, on a tres peu de besoin et on vit avec peu d´argent. Pourtant les gens paraissent heureux et sereins, bien plus que dans nos pays. Cela nous rappelle que l´on peut vivre bien et avec rien et que la consommation n´est pas synonyme de bonheur. La principale distraction du village est le foot auquel jouent petits et grands. Ici on vit au rythme du soleil: lever a 5h du matin, coucher vers 18h-19h le soir car il n´y a pas d´elecricite pour eclairer les soirees.

foot

Les habitants vont peu a Iquitos, la grande ville la plus proche ( quand meme a un jour de voyage par les moyens locaux!), et la plupart ne sont jamais alles plus loin: ils ne connaissent donc que l´Amazonie, et ne peuvent s´imaginer la vie ailleurs. Mais lorsqu´on interroge les enfants, beaucoup aimeraient plus tard vivre a Iquitos. Pourquoi? Pour la television, bien sur!

L´ecole

Dans le village, il y a une ecole qui accueille dans une seule classe les enfants de 6 a 15 ans environ. A l´issue de l´ecole primaire, les enfants savent plus ou moins lire, ecrire et compter. S´ils veulent poursuivre leurs etudes, ils doivent aller dans un plus grand village ou a Iquitos, mais cela coute cher et ils doivent alors vivre loin de leur famille; pour cette raison peu y vont.

Fillette en classe

L´ecole est ouverte theoriquement 8 mois par ans. Mais la maitresse doit chaque mois s´absenter pour aller chercher son salaire a Iquitos. L´ecole est alors fermee, et cela peut durer parfois 15 jours par mois!

Quand il n´y a pas ecole, les enfants vont travailler: peche et cueillette pour les garcons (ils y vont seuls des l´age de huit ans), et aide a la cuisine pour les filles. Du coup, la plupart preferent l´ecole!

peche

Lorsque nous arrivons au village, la maitresse est justement absente et nous devons nous improviser maitresse pour une journee. Nous montrons aux enfants les dessins des enfants francais et leur demandons de faire de meme. Ils dessinent leur maison sur pilotis, les animaux qui les entourent, la jungle... Nous leur apprenons des jeux francais qui les amusent beaucoup: la marelle, le facteur!

Salle de classe
le facteur
dessin Alberto

Nous nous attachons vite a ce petit village si accueillant. Quand nous le quittons, nous connaissons tous les habitants et ils nous font de grands signes pour nous dire au revoir. Et c´est avec regret que nous les quittons!

Luis
Bene a la fenetre

jeudi, octobre 4 2007

Premieres impressions amazoniennes....

J+3, km 1016

Un petit coucou special a Gabriel, de la classe de CM2 d´Edouard Herriot, qui reve de venir un jour defendre la foret... Amazonie vue du ciel

Nous sommes arrivees tot ce matin a Iquitos, au coeur de la foret amazonienne. Entre les nuages, nous pouvions apercevoir le fleuve immense et la foret a perte de vue. maison amazonie

Les eleves de la ville defilaient ce matin avec des panneaux pour defendre leur foret et maintenir la proprete dans leur ville. enfants defile iquitos

Ici, il fait tres chaud (plus de 30 degres) et humide, ce qui permet d avoir de magnifiques et delicieux fruits et legumes... mais aussi de grosses bebettes!

On vous embrasse, a tres vite !

mercredi, octobre 3 2007

¡Bienvenido en Lima, Peru!

J+2, km 0

Ca y est, nous y sommes! Apres de longs mois de preparation, nous voila a la premiere etape de notre periple sur les routes de l´Amerique latine.

Arrivees a Lima lundi soir, apres 15h de vol, nous debarquons dans la capitale peruvienne de nuit. Polluee, gigantesque, Lima est une enorme ville au bord de l´ocean pacifique: 8 millions d´habitants, 4 fois Paris!



Entre les bus colores et les voitures qui paraissent avoir 40 ans se presse une foule metissee et coloree. Au Perou, 45% de la population est "indigena", c´est-a-dire d´origine indienne, le reste etant d´origine europeenne, africaine, et meme chinoise.

bus lima
vendeur rue lima

Ici on conduit avec le klaxon plus qu´avec le clignotant, et l´atmosphere dans les rues est vite etouffante, avec les voitures, les bus et les rickshaws (sorte de moto - taxi a trois roues) qui crachent une fumee noire.

Rickshaw lima

Du haut d´une colline ou nous grimpons en bus, on apercoit les differents quartiers de cette ville tentaculaire: le centre historique et ses belles eglises,

le quartier des affaires avec ses hautes tours, jouxtent des bidonvilles sur les hauteurs qui font penser aux favelas de Rio, au Bresil.

Rue bidonville lima

Le tout est noye dans une brume qui recouvre la ville quasiment toute l´annee, sauf durant quelques mois en ete (l´hiver pour nous), qui donne a la ville une atmosphere etrange.


Pour l´instant, ici, c´est le printemps, mais il ne fait pas bien chaud: les enfants portent presque tous des bonnets de laine.


petit garcon bonnet lima

Nous partons demain matin pour Iquitos, en Amazonie. Merci a tous pour tous vos messages. On porte dans notre sac a dos le film tourne a l´ecole Edouard Herriot et les dessins que les eleves ont fait.

lundi, septembre 24 2007

Tournage du premier épisode des "Ecoles au bout du monde"!

Samedi 22, nous retournions à l'école Edouard Herriot pour tourner avec les enfants des classes de CM1/CM2 et de CM2 le premier épisode de la série des "Ecoles au bout du monde".

élèves de l'école edouard herriot 1

élèves de l'école edouard herriot 3

élèves de l'école edouard herriot 2 Chaque enfant avait préparé un dessin pour nous présenter son école, sa maison, sa cour de récréation et sa vie quotidienne. Certains avaient même écrits de petits mots à l'intention des élèves des écoles d'Amérique du Sud, en français, et parfois en espagnol!

dessin des enfants d'Edouard Herriot1

dessin des enfants d'Edouard Herriot2

dessin des enfants d'Edouard Herriot3

dimanche, septembre 9 2007

Rencontre avec les élèves de l'école Edouard Herriot d'Arpajon

Hier matin, samedi 8 septembre, nous avons rencontré les élèves de CM1/CM2 et CM2 de l'école Edouard Herriot d'Arpajon (91). C'est dans cette école que nous tournerons notre premier film, samedi 22 septembre, pour faire découvrir aux enfants d'Amérique Latine le mode de vie des enfants français. Après une rapide présentation du projet aux enfants, ils nous ont posé quelques questions : combien d'heures de voyage jusqu'à là-bas ? est-ce qu'on va voyager en bâteau ou en pirogue ? est-ce que les enfants là-bas ont l'électricité ? et des consoles ?... Réponses dans les prochains épisodes !

site_1.jpg

mercredi, septembre 5 2007

Bienvenue sur le blog du projet "Des écoles au bout du monde" !


Le projet en quelques mots

"Des écoles au bout du monde" consiste en la réalisation d'une série de films courts documentaires sur l'éducation des enfants en France et en Amérique Latine. Pour cela, nous réaliserons un premier film dans une école de la région parisienne (Arpajon, 91) au mois de septembre, puis nous partirons durant 3 mois au Pérou, Bolivie, Chili et Argentine (octobre à décembre) . Dans chaque école où nous nous rendrons, nous réaliserons des petits films d'environ 5 minutes, dans lesquels les enfants nous présenteront leur école « du bout du monde », leur classe, leurs camarades, et la manière dont on apprend à lire et compter chez eux. Ils nous raconteront aussi leur pays, leur vie, leur quotidien… L'objectif ? Créer un pont entre les pays –la France et l'Amérique latine, en montrant aux enfants la manière dont d'autres enfants de leur âge vivent, ailleurs.

Le blog

Dans cette partie nous mettrons à jour réguiièrement notre Carnet de voyage, avec des textes et photos de notre périple. Pour être mis au courant de chaque mise à jour, n'hésitez pas à vous abonner au "Fil RSS" du projet. Pour cela, il suffit de cliquer sur le lien à droite de cette page. Nous serons également très heureuses de lire vos commentaires et réactions !